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Alleyras : notre dernière cabine téléphonique a été dépouillée par Orange

D 19 juin 2017     H 15:30     C 0 messages


Ils viennent juste de la dépecer, de lui enlever son coeur, son combiné téléphonique. Ils l’ont fait en douce, sans doute le matin aux aurores ou peut-être de nuit, personne ne les a vu. Le résultat est pourtant là : il n’y a plus de cabine téléphonique dans la commune. Certes ces dernières années pour qu’elle fonctionne il lui fallait une carte spéciale qu’on pouvait se procurer... en prenant le taxi, à 35 kilomètres, au Puy ou à Saugues. Et uniquement cette carte, les pièces elle ne les acceptait plus, ni les cartes Visa, ni rien...

Aussi Orange eut beau jeu de prétendre qu’elle n’était plus utilisée, pour la supprimer, alors qu’aucun réseau mobile téléphonique n’arrive au Pont d’Alleyras. L’abandon des territoires ruraux par la société Orange c’est cela. C’est tout ces petits services qui s’en vont qui poussent les gens à partir en ville. La désertification tout le monde et nos élus s’en contrefichent, ou ne sont plus capables d’inverser la tendance. Contre les actionnaires vénaux d’Orange qui se gavent d’argent plus ou moins public rien n’est plus possible.

Une nouvelle vie ?

Bon ceci dit gageons que si nous nous en occupons ils ne vont pas l’enlever et la mettre à la ferraille notre dernière cabine. Et puis c’est très à la mode actuellement, la récupération. Plusieurs solutions, sont envisageables :

1) Transformer la cabine en lieu d’échange de bouquins, en cabine à livres, en boite à livres. Les livres dont on ne sert plus et qui méritent une deuxième vie y sont laissés et libre au passant d’en prendre un en échange d’un autre : "Je prends un livre, je laisse un livre". Le projet pourrait même être supporté par l’association de gestion et d’animation de la bibliothèque municipale qui n’a semble-t-il aucun relais ouvert au Pont d’Alleyras. L’occasion idéale de faire sortir un peu la culture des salles. Coût : ZERO euros.

2) Décorer la cabine en la graffant en y faisant un habit de laine tricotée, avec des autocollants... Coût : la laine à fournir aux tricoteurs / teuses.

3) En faire un point wifi public et gratuit. Ca ne coûterait pas grand chose à la commune, le prix d’un abonnement au réseau (10 euros par mois pour une puce 3G), et les passants, l’hiver et en saison morte quand tout le monde est fermé, pourraient être dépannés d’une connexion. Et on peut poser son ordi ou autre sur la tablette existante. Mais c’est peut-être trop demander ? Car coût : une prise électrique + 120 euros par an + un routeur 3G / WIFI à 60 euros..

4) Inviter un artiste à la transformer. En bocal à poisson rouge ? Coût : quelques jours de résidence (hébergement + repas).

5) En faire un point machine à café automatique, hors des horaires d’ouverture des commerces. Coût : ZERO en contactant les réseaux de machines distributeurs et en les motivant à venir installer ici. Avantage : maintenance assurée par le réseau.

6) En faire un point Boulangerie disponible 24 heures sur 24 avec un distributeur automatique, ça se fait depuis longtemps dans le Mézenc. Une machine financée par la commune et alimentée pourquoi pas par les commerçants ambulants actuels.

7) A moins de la transformer tout simplement en toilettes (WC + point d’eau) puisque la commune n’en dispose pas de publiques et que rien n’est prévu sur ce point dans l’aménagement de l’avenue de la gare dont les travaux devraient débuter cet automne.

Enfin bref, au royaume du Rien, ou du pas grand chose, tirons parti des abandons ! Eviter que cette cabine parte à la casse serait du plus classe.

Et non, tous les prétextes qu’on va trouver pour ne rien faire ne sont pas audibles.

Vos autres idées dans le forum ci-dessous. Et surtout : ACTION !

2 Messages

  • Quelle compétence scripturale dans cet article dont j’ai beaucoup apprécié le style : il débute par quelques lignes amenant du suspense (mais qui peut bien se cacher sous les pronoms personnels « la » ou « lui » ?
    S’y entremêle le champ lexical du carnage dénoté par avec les termes « dépouiller et enlever son cœur ». (C’est juste et bien vu : c’est bien le cœur de la cabine qui a disparu).
    Suivent les ingrédients du mystère que connotent les substituts du scénario ourdi en catimini « en douce, le matin aux aurores ou peut-être de nuit, personne ne les a vus ».
    Enfin, le traquenard est dévoilé au lecteur : la cabine téléphonique est morte !
    Bravo l’artiste !

    Perso, mon opérateur de mobile étant Free, je n’ai pas le téléphone à Pont d’Alleyras ! C’est le prix de la ruralité, coût bien fâcheux. Mais les autres opérateurs de mobiles ayant « arnaqué » leurs abonnés durant des années, j’y suis et j’y reste.


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