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Ligne du Cévenol : la fin des travaux et le retour du brinquebalant train TET

D 7 novembre 2013     H 20:44     A mko     C 0 messages


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Les pointilleux TER Auvergne et le brinqueballant TET Cévenol recirculeront à partir de ce samedi 9 novembre après les 4 ans de travaux d’automne du Plan Rail Etat / Région 2009 / 2013. Ah la bonne nouvelle ! Les usagers, dont beaucoup ont tiré un trait sur l’idée même d’utiliser encore le train, vont pouvoir se le réapproprier.

Mais la galère du voyageur n’en sera pas terminée pour autant...

- Il faut savoir que malgré l’énorme gêne occasionnée par l’absence de service, les travaux effectués s’apparentaient à de la "sauvegarde". Il ne s’agissait pas d’améliorer. Ainsi le citoyen payant des impôts et s’acquittant de plus d’un ticket au coût très élevé serait logiquement autorisé à attendre un retour à la normale, c’est-à-dire un transport à la vitesse nominale de 75 kms /heure dans les Gorges, puisqu’elle a été bloquée à 40 kms /heure au début des travaux. Et bien ce ne sera probablement pas le cas, RFF le refuserait. L’enterrement de la ligne par la SNCF et RFF continue donc en douce. Le collectif des Usagers des transports du Haut-Allier interpelle d’ailleurs les deux sociétés à ce sujet via une lettre ouverte sur son site.

- Il faut savoir aussi que le train Cévenol, qui ne s’arrête ni Alleyras, ni à Chapeauroux, ni à Monistrol a subi tout l’été des retards systématiques très importants qui ont empêché les correspondances à Clermont notamment, et ce à cause de la vétusté de ses locomotives. Et que propose la SNCF pour y remédier ? Rien. Si, une solution géniale, vous n’y auriez sûrement pas pensé : à partir du 14 décembre elle rallonge le temps de parcours du train ! Aura-t-elle l’indécence de rajouter une heure ou deux ou trois aux trajets quand les machines seront à bout, au lieu d’envisager leur changement en urgence ? Demandera-t-elle aux voyageurs de descendre et de pousser les wagons ? L’avenir nous réserve de bien grosses rigolades. De nouvelles batailles se profilent encore et toujours pour les associations qui croûlent sous les pitoyables nouvelles.

Pendant ce temps certains veulent encore y croire :

- c’est le cas des élus traversés par la ligne : elle représentait en effet depuis des décennies le poumon de leurs territoires. Ce n’est plus le cas. Tous les habitants sauf les lycéens peut-être, obligés, se sont détournés du train grâce aux tarifs exhorbitants et au service exécrable de la société de chemins de fer. Les puissants 4 X 4, les pneus neige et un lourd budget en carburant pour franchir les cols remplacent désormais dans chaque famille ce qui aurait du être un génial atout.

- c’est peut-être le cas, outre les lycéens, de certains étudiants désargentés aussi, de quelques familles aux revenus modestes qui ne possèdent pas de véhicule et qui sont obligées d’y recourir. Mais le train leur offre-t-il encore une solution avec des tarifs parmi les plus élevés du monde et une irrégularité de service crasse ? Le train dans le massif central n’est plus vraiment populaire, c’est pour les vieux geeks du chemin de fer !

- et donc oui ce doit être le cas de quelques vieux habitués qui ont connu le train hexagonal dans sa période brillante ou simplement fonctionnelle et qui sont encore prêts à avaler toutes les couleuvres d’une entreprise qui disait se préoccuper du chemin de fer.

Nous, les quelques adeptes volontaires - illuminés sans doute - du transport public, allons encore rire jaune, c’est à parier, pour un bon moment. Avant de quitter définitivement les zones rurales pour délabrement des services vitaux et avant d’aller grossir un peu plus les megalopoles.

La SNCF et d’ailleurs les différents ministères des transports, pourront alors s’autoféliciter pour leurs politiques sournoises et continues d’abandon et de fermetures de lignes et de leur efficacité en faveur de la désertification rurale. Bravo Messieurs. Vous valez bien une ovation debout.

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