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Passerelle de l’Allier à Vabres 3ème épisode : des projets

D 4 septembre 2013     H 08:41     A mko     C 1 messages


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Si la passerelle était réhabilitée, puisqu’il s’agit d’une réfection, les deux piliers et un câble restant, de nouveaux projets verraient rapidement le jour, témoins ces quelques entrevues qui pour certaines datent de plusieurs mois.

Des projets de Sébastien Messager

[site web : evasion-verticale.com]

Nous voulions réfléchir à ce que pourrait apporter un éventuel nouveau projet de passerelle. Toi qui est acteur par ici depuis un certain temps qu’en penses-tu ? Tu es installé ici depuis quand ?

« Ca fait 5 ans. Moi je le vois avec l’oeil du professionnel de la randonnée et puis des loisirs de pleine nature, comme un atout touristique très très important, à mettre en parallèle avec plein d’autres choses. On a ici, qui sont peut-être pas assez mis en valeur et qui à mon avis gagneraient à l’être... alors il y a le village vacances qui fonctionne très bien ça c’est indéniable, et puis il y a le train. Il y a le train et ça à mon avis c’est un atout... surtout dans les années à venir où l’essence sera sans doute de plus en plus chère. On se déplacera en train et on ira sans doute en vacances beaucoup plus avec le train que maintenant. Et avec la gare d’ici, la gare d’Alleyras, c’est donc un atout important. Ça veut dire que si on veut jouer la carte du tourisme il faut aussi avoir des choses à proposer. Il y a les sentiers balisés, c’est une chose très importante, c’est très bien. Et je pense qu’une passerelle c’est quelque chose de fort. Qu’il n’y a nulle part ailleurs sur l’Allier, et je pense qu’il y a des gens qui viendraient pour la passerelle. Elle pourrait faire le choix de... »


La passerelle sur l’Allier dans sa deuxième version

Tu préfèrerais plutôt une passerelle ou un gué...

« Le gué le problème s’il y a trop d’eau on passe plus. »

Oui mais bon... disons que 80 % du temps on doit passer...

« Oui mais si Naussac lâche par exemple on passe plus. Et puis il y a le problème de la sécurité quand même. C’est vrai qu’un gué ça peut être encore mieux pour le côté un peu aventure mais... »

Non je pensais à un gué où les véhicules peuvent passer. Carrément rouvrir un accès sur Vabres...

« C’est pas pareil. Moi je serais plus sur le côté rando quoi. Côté rando, on peut mettre après en avant la boucle des trois villages entre le Bourg, le Pont et Vabres. Vabres c’est à une portée de flèche d’ici mais pour y aller c’est la galère, il faut faire un détour. Moi je pense que ça serait super vendeur et je pense que même au niveau de l’ambiance dans le village ça rapprocherait les gens. Il y a le côté tourisme et puis le côté vie du village. Nous quand on va se balader on va toujours se balader à la crête, on va à Agrain, on va rarement à Vabres parce que ici avec les enfants c’est loin. Avec la passerelle c’est sûr qu’on irait beaucoup plus souvent. Moi je pense que c’est quelque chose de très vendeur, ça apporterait à la fois bon une plus value avec le tourisme et puis un atout en plus pour les gens du village, du domaine du bien-être, comme on fait par ci par là des jeux pour enfants, un terrain de boules, et bien là une passerelle. Je suis sûr que ça rapprocherait les gens. Voilà c’est mon avis. »

Du projet de chemin de l’abbé Olanier de Gérard Varlot

Tu avais commencé à me parler des perspectives dans le cas d’une reconstruction, avec ce tour...

« Ah oui ! Pour moi aujourd’hui on peut rien faire tous seuls, c’est-à-dire qu’il faut plusieurs communes. Il y a des communes qui vont être franchement contre, c’est par exemple les communes qui font partie du chemin de Saint-Jacques aujourd’hui... Je serais à Saint-Privat je me battrais bec et ongles pour défendre mon acquis. Tout ce monde qui passe c’est de l’argent qui passe. Donc Monistrol Saint-Privat, eux ils sont contre. »

Ils ont été interrogés sur ça déjà ?

« Mais c’est évident. C’est obligé. Mais c’est naturel. »

On va pas leur dire que c’est pour leur prendre des gens, on va leur dire que c’est pour le curé ou pour le maire qui va voir ses administrés à Vabres.

« Bien sûr. Ce que je veux dire c’est que pour moi c’est forcément des concurrents. C’est-à-dire qu’il ne faut pas être tous seuls. C’est-à-dire qu’il faut que la communauté de communes nous aide, il faut qu’on trouve un parcours intelligent et agréable. On a le chemin de Stevenson là haut, on a Saint-Jacques de l’autre côté, il faut trouver quelque chose qui soit suffisamment... Moi j’ai cherché, mon idée c’est de trouver quelqu’un qui passait par Alleyras et lui mettre une statue. Et l’honorer tous les ans. »

Il faudrait inventer un personnage.

« Mais il existe ! Il existe ! C’est l’abbé Olanier du Brignon. »

Est-il suffisamment sexy l’abbé Olanier pour inciter à suivre son parcours ?

« Ca va être très sexy, on va faire une magnifique statue. Il passait par là pour aller à Toulouse. Mais il y allait... Inouï il a écrit... on a huit carnets de mémoires. Je les ai eu ici, j’ai les photocopies de toutes les pages où il parlait d’Alleyras, tous les parcours, enfin photocopiés, scannés, tous les parcours qu’il faisait, et chaque fois, pratiquement chaque fois il passait par Alleyras. Parce que ça guéiait, ça guéiait vers le village vacances... il descendait par la Bourelle, puisque la route que nous descendons quand on va au Pont n’existait pas. Elle est même assez récente. Il passait par la Bourelle. »

Au dessus de Gourlong.

« Oui, ils arrivaient à Gourlong, qui est quand même un village où il y avait l’hôpital, avec une croix de Malte. Gourlong était important. Alors que le Pont d’Alleyras n’existait pas. C’était le Mas de Gourlong ce qui veut tout dire. Le Mas de Gourlong ça veut dire que ça dépendait de Gourlon et de l’autre côté c’est le Pont de Vabres. Et la notion ’Pont d’Alleyras’ est apparue à peu près en même temps que la ligne SNCF. »

Parce qu’il y avait plus de résidents côté Alleyras ?

« C’est-à-dire que comme il fallait le nom d’une commune et que c’était la commune d’Alleyras... Au départ la gare devait être à la Parade ! Le premier dessin, la gare était à la Parade. Et donc en fait ils se sont dit que c’était quand même plus judicieux de mettre ça à un carrefour, surtout qu’il y avait un pont, et ils ont remblayé tout ça. Il faut savoir que c’était pas comme ça, la topologie du Mas de gourlon, ils ont beaucoup remblayé pour faire ça. Et ils ont fait la gare là bas. Et ça a un petit peu fédéré et effectivement, il y avait quand même deux voies de croisement, ils ont amené du bois, ils ont vendu du bois. Les trains se croisaient là. Alleyras était plus important que Monistrol d’Allier à l’époque. Et voilà, c’était le départ de l’expansion du Pont. Je pense. Mais qui était une partie d’Alleyras. »

On a dérivé sur la gare...

« Oui donc le chemin, il descendait par la Bourelle et en principe le gué naturel c’est au bout du village vacances, c’est là qu’on a le niveau minimum, si on traverse en diagonale, selon les crues ça bouge un peu, on peut quasiment traverser, on a de l’eau aux mollets. Il arrivait, il traversait à Vabres, il montait et après il filait sur Thoras. Ce qui est important c’est qu’il passait à Alleyras donc il mérite une statue avec un petit discours pour dire qu’il est passé des dizaines et des dizaines de fois. Il est célèbre par ses cahiers de notes, une sorte de blog de l’époque. Et moi je trouve que... »

Intéressant.

« Pour moi c’est une façon de commencer. On l’honore et au bout de 3 - 4 ans ça devient une tradition... C’est une vraie base. »

Faisait-il ça dans un but...

« C’était privé. Lui c’était privé. Mais ce qu’il y a c’est que... soit on emprunte exactement le chemin qu’il prenait, soit on triche un peu avec. Parce qu’on peut quand même passer à Ouïdes, on peut descendre sur le château d’Agrain, arriver par là, puis par le bourg pour les faire descendre à la passerelle ! C’est trop beau. On peut restaurer la barque, car il y avait une barque aussi. »

Vers l’espèce de passeur... Il y avait quelqu’un à demeure ?

« Oui oui il y avait une maison et il y avait un passeur. Bien sûr (…). Donc pour moi il faut trouver un personnage. Ça me semble... »

Ce qui me gênait c’est les propositions entendues ici et là de dérivations du chemin de Saint-Jacques.

« Il y a un bouquin qui est sorti assez récemment qui s’appelle La Voie Regordane... "

Parce qu’il y a aussi la voie des romains qui passe à Chapeauroux, la via bolene...

« Oui. Mais la voie Bolène, ce gars du bouquin dit qu’il a repris les textes en latin et il dit qu’ils passaient à la Bourelle, ils passaient à Vabres, ils traversaient au niveau du village vacances, ils remontaient sur Vabres et là haut. Et ça c’est quand même plus intéressant... »

Je crois que sur la carte romaine la plus connue, la table de Peutinger qui est très sommaire, on voit Condate, qui est Chapeauroux...

« Oui oui Condate. Et bien lui il dit que c’est pas vrai. »

Voilà il y a un flou.


La table de Peutinger. C’est même très flou... Par contre Condate en gallo-romain veut bien dire Confluence. Et on voit mal où se trouve une confluence à Alleyras

« Il y a une partie du bouquin sur Condate, vu qu’il y a que deux kilomètres qui nous intéresse... tout le bouquin n’est pas sur ça, mais lui soutient que c’était par là que ça passait. D’un côté il dénigre les autres possibilités... Par exemple sur Monistrol il dit : il faudra m’expliquer comment on peut passer là bas régulièrement, alors que ce gué là c’est un vrai. Et même il en arrive à donner le nom d’Alleyras qui voulait dire quelque part : garnison. Alors que c’est pas du tout l’explication que j’avais d’Alleyras qui voulait dire l’autre fleuve. L’Allier était l’Autre fleuve (vs la Loire). »

Oui parce qu’à Chapeauroux apparemment il y a un problème du fait du nom Condate, qui ne s’explique pas, et donc j’ai vu des gens dirent que c’était certainement une petite bourgade à côté. Mais où ? Après ce qu’il y a de bizarre c’est ce lieu dit ’La Romaine’ vers Croisances, qui correspondrait plus à effectivement un trajet Le Puy / Alleyras puis le sud ouest...

Voie bolène, trajets possibles de Roger Gounot extrait de ’Archéologie gallo-romaine en Haute-Loire’ numéro spécial des ’Cahiers de la Haute-Loire’ 1989 visible à la bibliothèque du Puy

« Quand on parle voie romaine il faut savoir qu’il y a des traces de piles d’un pont romain, à la Talide. La Talide c’est dans les gorges. Il faut descendre de Pourcheresse, sans se tromper de chemin - il faut demander, et on descend jusqu’au bord de l’Allier, c’est visible sur un plan, sur Google on voit très bien, et il y a des restes d’un pont. Ça c’est sûr. Personne ne va dire que c’était pas un pont. On a une arche et un début. Vu la largeur de l’Allier à cet endroit là, quand ça monte... »

Quelle était la théorie la plus avancée sur ce passage vers Alleyras ?

« Lui, l’auteur de ce bouquin, dit que ça passait par la voie bolène. Alors par contre très sincèrement, pour l’avoir regardé d’ici, il y a deux trois conneries dedans, dans ce qu’il dit. Ce qui est un peu ennuyeux, parce que s’appuyer sur un truc qui va être balayé... Sauf si on s’en sert juste comme ça, sans chercher à embêter personne. Personne ira chercher non plus. Je pense que ce bonhomme, cet abbé là, on s’en fout il passait par là, il est connu, il est célèbre, il a écrit des bouquins, on peut les citer... »

C’était quoi un naturaliste ?

« Enfin il a écrit des bouquins... il écrivait tout sur un journal. C’est son journal qu’il a écrit pendant quinze ou vingt ans. Et donc il y en a épais, 8 bouquins. Et là dedans il raconte tout un tas de choses dont on se fout complètement : il a mangé chez machin qui avait ça à manger, qu’il a mangé chez le prieur d’Alleyras etc. Mais il passait là chaque fois. Et chaque fois il y a les plans par où il est passé et quel jour il est passé. »

C’était donc un abbé.

« Du Brignon. Et donc il coupait. Il allait jusqu’à Toulouse. Et il faisait ça pratiquement tous les ans. Peut-être même deux fois par an. C’est curieux ! Donc à chaque voyage il racontait ses voyages. Il y a des trucs sans intérêt, et il y a des trucs un peu plus marrants. C’est souvent très vénal, bizarrement. Le nombre de fois qu’il dit qu’il va faire un procès à Untel ou Machin qui lui doit tant etc. Ils passaient leurs vies à ça. C’était trop marrant de voir ça. Pour moi c’est ça : un personnage, le célébrer et autour de ce personnage de trace un peu incontestable, faire un chemin qui fasse passer ici. Par contre, de mon point de vue il faut une passerelle, parce que passer par un pont c’est quand même différent, s’il faut on passe par le pont au début mais pour moi la passerelle sera un plus mais alors énorme. Enorme. »

On va pas faire passer les gens par une route goudronnée non plus...

« Et passer par une passerelle, on en parlerait ! »

On ne s’appelle pas Saint-Privat d’Allier.

« Non ! Et tout le monde en parlerait et ce serait vraiment... ça pourrait faire... on dirait le buzz aujourdhui. »

Un vrai chemin.

« Un peu authentique. »

Et il passait par Thoras en plus ?

« Il passait par Thoras. »

Un village abandonné, Croisances aussi.

« Ce qu’il faut c’est créer le chemin, avoir le... le soutien plus que l’accord de toutes les communes qui sont intéressées là. Je vois pas pourquoi ils diraient non. Le plus ennuyeux c’est le départ. Mais puisque l’abbé partait du Brignon... En tous cas une passerelle, c’est quasiment évident que ça pourrait être un énorme plus parce que il y a un côté psychologique. Je vois systématiquement la photo de la passerelle sur tous les guides qui la montreraient, qui en parleraient. C’est évident. C’est évident. Ensuite il y a des chemins qu’il faut restaurer... améliorer si besoin. Il faut s’appuyer sur un personnage. C’est peut-être un peu marketing... »

Le problème étant : sera-ce suffisant sexy de suivre ce qu’a fait un abbé en...

« Dans les années 1760... Il est quand même authentique, il est vraiment passé là. On a des écrits, des traces incontournables. Personne ne va les toucher. »

Jusqu’à Toulouse ça fait tout de même...

« Il faudrait voir exactement par où il est passé. Lui ne s’intéressait pas forcément à faire un parcours touristique. Là ça serait plus touristique. »

Mais les gens vont-ils faire juste notre petit tronçon ?

« La question c’est de savoir si on veut faire un truc très grand jusqu’à Toulouse, si on a les reins assez solides pour ça. Convaincre tout le monde etc. »

Aller direct à Toulouse tout ça peut être sympa.

« Ou alors on fait une boucle simplement, qui passe par ici, genre circuit de 4 – 5 jours, et qui déjà amènerait pas mal de gens parce qu’il y a quand même des gens qui cherchent ça. Il y a des gens, les vrais marcheurs intéressés, qui aiment bien tout essayer. »

S’il est créé un nouveau chemin ça va marcher, si on ne rentre pas en concurrence...

« Il faut commencer par prendre des contacts partout, peut-être chapeauter avec une association qui regroupe tout, tout en n’empêchant personne d’être indépendant bien sûr, avec un délégué par association... »

Peut-être faut-il aussi publier des extraits de ce bouquin ?

« Ah ça on peut faire un petit fascicule qui ne fait que reprendre les choses intéressantes qui nous concernent... mais alors il faudrait le reprendre parce que moi je n’ai pris que jusqu’à Pourcheresse. Je n’ai aucun extrait qui concerne plus loin. Il faudrait regarder tout son parcours et voir quels sont les points qui sont touristiquement intéressants. »

Ca peut aller très vite si quelqu’un travaille dessus. On peut ensuite le publier sur Internet au format PDF ça ne coûte rien et si les gens commencent à s’y intéresser après, le publier sur papier.

Problème : les structures d’accueil au bourg d’Alleyras

« Ce qu’il manque aussi cruellement ici... Faire venir les gens mais pourquoi faire ? Les faire manger ici… bon chez moi...(sourire) »

Que faisait l’abbé ?

« Lui il allait manger... il y avait une auberge... Mais il allait manger chez le prieur qui l’invitait. Il aimait bien se faire inviter et il payait que quand il fallait... »

Et bien on fait pareil...

« Oui mais ici il faut quand même avoir des chambres d’hôtes, et il y en a mais très peu. Très peu. »

Regardes ton cas par exemple....

« Mais moi c’est ce que j’ai dit. J’ai dit que si il fallait lancer et si ça partait je voulais bien faire un gite pendant un peu de temps, juste pour démarrer et montrer et donner envie à d’autres de le faire. Parce que ça me semble tout-à-fait faisable (…). Il faut pas que ce soit que du gastro, c’est mieux de proposer des choses locales etc. c’est évident, tout ça c’est bien mais il faut aussi qu’il y est de la nourriture authentique, pour pas trop cher, et que les gens puissent dormir et manger. Le terrain de camping bon... à moins que la municipalité se décide à investir dans l’idée c’est-à-dire qu’on rajoute quelques bungalows. Il faut démarrer et qu’ on n’ait pas l’impression d’être en manque de ressources pour accueillir ce flux qui commencerait à démarrer. Et si possible de pouvoir le faire comprendre aux gens qui ne sont pas obtus et qui aiment Alleyras autant que nous, finalement... Il faut bien savoir qu’on aime Alleyras différemment mais on aime tous Alleyras. Même les gens avec qui on a l’impression de ne pas s’entendre, ils aiment aussi Alleyras. Je n’en étais pas convaincu il y a 20 ans. C’est un truc qui vient avec les années... »

C’est quelque chose dont on s’aperçoit aussi si on prend un peu de recul.

« En tous cas si on arrive à susciter un frémissement, si on arrive à faire comprendre en tombant sur des oreilles réceptives assez vite pour pouvoir ne pas se laisser déborder, parce que ça pourrait faire retomber le soufflé... que s’il n’y a pas à manger, s’il n’y a pas à dormir... Et ça aujourd’hui pour moi c’est un peu court. Pour moi c’est clairement un peu court. Et ils sont tous au Pont. Il n’y a rien ici et il n’y a rien à Vabres. Quand on voit le nombre de gens qui viennent regarder l’église, prendre des photos etc. et d’ailleurs aussi de chez moi... s’il y avait au moins un café même ouvert que l’été, il ferait ses sous. Avec quatre tables en terrasse, quelques parasols... même s’il ne vend pas d’alcool pour des raisons de licence. Ils viennent là. C’est déjà l’essentiel. »

[mode 2ème degré méchant] Déjà faudrait couper l’eau de la fontaine pour qu’ils aient soif... Un peu comme dans certaines villes qui coupent l’eau à la demande des cafetiers du coin. [attention : boutade !]

« Voilà. Pour moi si on devait faire quelque chose ça serait comme ça. »

La passerelle serait un atout pour ton projet.

« Si on commence à avoir du monde qui passe, on essaie de leur vendre des choses. Et les choses en question, toujours pareil ça c’est un petit peu plus naïf, un peu plus fiction, pour moi si un jour il y avait un flux suffisant de gens qui passent, aujourd’hui ce n’est pas encore le cas, on pourrait très bien imaginer d’apprendre à faire cette poterie rudimentaire, authentique, qui serait vendue en tant que telle..."

Ce projet je ne le l’imaginais pas en référence et en révérence à un abbé...

« Je m’en fous de l’abbé ! Moi j’ai cherché quelqu’un, j’ai rien trouvé d’autre ! »

Et oui... alors il faut motiver les gens... De toutes façons le chemin de Saint-Jacques... à part pour ceux à tendance religieuse, les gens ne le font pas pour le côté mystique, ils le font pour l’exercice et la performance personnelle souvent.

« Bien sûr. Ils se font poinçonner leur carnet... et ils ont un an pour... »

Ils s’en vont, ils reviennent... On leur porte les bagages en minibus... Il faudrait mettre ou remettre un peu d’éthique dans l’histoire. Mais on ne peut pas vérifier que les gens s’écartent du sentier et autre...

« Non ce qu’il faut c’est quand même aussi savoir qu’on est en 2010 et qu’il faut vivre et donc si on veut faire quelque chose il faut que ce soit viable, sinon ça restera un doux rêve... et puis ne pas négliger qu’il faut que ça marche. Cette passerelle moi j’ai entendu des gens dire que c’était impossible. »

Au début. Et de mon côté j’ai entendu plein de gens dirent : oh mais dans les gorges de l’Ardèche là bas ils en ont mis 4 ou 5 d’un coup... Et si toutes les associations s’y mettent ainsi que tout Alleyras... on va pas se laisser démonter par une passerelle ! Je veux dire si on veut la faire on la fera...

« Ce qu’il faudrait faire c’est une recherche de tout ce qui a pu être fait en passerelle... »


Exemple de passerelle à Chateau-Arnoux (04)



Exemple de passerelle hymalaienne dans les Alpes



Exemple de passerelle Rocaventure

Il y aussi des gens qui te vendent des passerelles presque en kit j’imagine.

« En tous cas c’est tellement plus simple de mettre des filets de chaque côté etc. »

Par Ouïdes ou par Gourlong ?

« C’était Gourlong le chemin historique. La Bourelle et on redescend. On arrive au pont, on monte au bourg et on descend sur la passerelle... Par contre la Bourelle il faut refaire le chemin comme il faut. Mais il existe. Il y a un petit bout qui est à revoir. Là il est vraiment sympa aussi, mais bon il passe pas de ce côté ci. Surtout que là haut il y a deux trois jolis coins. On n’arrive pas comme ça par hasard, d’où que tu partes, de Cayres par la forêt, c’est quand même sympa, ou même de plus loin, mais il faut dire qu’on amène des gens en plus, et ne surtout jamais dire qu’on détourne des gens. »

Bien sûr. Si on ne les fait pas passer par Gourlong, à un moment quelqu’un va éplucher l’histoire et va retrouver...

« Il faut pas trop leur faire faire des kilomètres en trop... mais un petit bout de chemin qui coupe depuis la route d’Agrain pour aller rattraper le Pont, on peux, en redescendant par le ruisseau vers Aussac. »

En as tu parler à ton entourage de ton idée de sentier ?

« Trés peu. Très peu... »

De la stratégie par rapport à Saint-Jacques

A un moment tu avais parlé d’une possibilité d’alternative au chemin de Saint-Jacques... mais je crois effectivement qu’il faut les laisser tranquilles.

« C’était mon idée de départ... Je suis convaincu que le chemin de Saint-Jacques au départ ne passait pas par Saint-Privat Monistrol. En tous cas Saint-Privat non, il ne descendait pas sur Monistrol. Parce que on ne peux traverser que deux mois sur douze. En dehors de ça... Déjà à l’époque des gens qui savaient nager il n’y en avait pas tant que ça. Même aujourd’hui d’ailleurs, enfin bref. Deuxièmement il n’y avait pas de pont ! Donc pour traverser il fallait avoir envie. Donc on allait faire passer des gens de tous âges qui allaient prendre le chemin de Saint-Jacques ? Ils s’arrêtaient là quoi... Donc au début je me disais qu’on allait montrer que c’était faux et que le seul qui est possible il est là, et puis voilà. »

Et c’est la guerre.

« Mais non seulement il eut fallu convaincre les gens de toutes les communes là pour dire qu’ils vont accueillir un flux qu’on ne sait pas gérer aujourd’hui. Et deuxièmement tous les bouquins disent qu’il passe par là etc. et donc il va falloir refaire une littérature... Donc moi je me suis dit : non, on va trouver quelqu’un qui est passé par là et on va parler de lui et dire c’est comme ça. C’est bête comme chou mais il faut le faire vite, parce que ça il faut qu’il y ait une antériorité. Et donc sortir ce qu’on veut, une statue... qu’on peut faire faire d’un mec sur son cheval... et en parler régulièrement. Et dans quelques années, dès que possible, même avant qu’on ait vraiment lancé l’opération, de manière à dire mais la statue elle est là et tout... et sur la tablette explicative on reproduit le dessin de son parcours jusqu’à Toulouse. On montre donc qu’il passait là. Et après tout s’enclenche. Alors évidemment ça n’était pas d’Artagnan, c’était pas... Richelieu, c’est de l’histoire avec un petit h mais on s’en fout c’est la nôtre. Si on trouve un autre personnage... mais moi je n’en ai pas trouvé. Mais je ne suis pas un bibliothécaire non plus de profession... »

Et si en grattant un peu plus on peut rattacher se parcours à la via romaine...

« La Bollène ça il y a un livre qui en parle, qui donne son plan, pareil... »

Lui, l’abbé, n’en parle jamais...

« Si on va plus loin il faut convaincre un peu tout le monde... J’ai du mal à comprendre pourquoi on n’arriverait pas à se fédérer là dessus. »

Le projet de passerelle serait fédérateur.

« Plus le train touristique si dieu lui prête vie... Et avec pourquoi pas un panoramique ? J’ai fait le trajet Nîmes Alleyras en panoramique sur le devant en automne, c’était absolument magnifique, avec un grand soleil, lorsque j’étais à l’armée à Marseille et j’étais remonté comme ça, et je peux dire que c’était fou. C’est d’une beauté ! »

Il y a des gens qui ont des panoramiques, les gens de la petite ligne Sembadel – Ambert, ils ont au moins un panoramique.

« Il faut le faire une fois pour voir. Si le train n’est pas plein je mange un chien. C’est sensationnel. Il faudra être dedans ! »

1 Messages

  • Bel article. Très intéressant. Plus que le chemin de l’abbé Olagnier, l’ancien chemin d’Hospitaliers présumé (il faudrait vérifier son passage dans les sources) peut-être un axe patrimonial intéressant. Mais pourquoi vouloir à tout prix donner une justification ou un prétexte patrimonio-historique à la réalisation de cette passerelle ? Et surtout pourquoi vouloir créer un GR qui parallèle au chemin de St-Jacques aurait peu de chances d’exister. Si l’on part du Brignon, le chemin empiète sur le chemin de Stevenson au Bouchet-Saint-Nicolas, donc guéguerre.
    Je pense qu’il faut se concentrer sur un chemin de randonnée communal. Par exemple le chemin des fours à pain côté Alleyras et la boucle de Pourcheresse (qui existe déjà) côté Vabres, et ensuite pourquoi pas faire communiquer les deux via la passerelle.


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